Lors du 23e Congrès Parfums & Cosmétiques, organisé à Chartres les 19 et 20 novembre 2025 par la Cosmetic Valley, Anaïs Jankowiak (Toxicologue Réglementaire) et Audrey Guibet (Experte Stratégique Cosmetics & Personal Care) de SGS France ont présenté un sujet crucial pour l’industrie : les PFAS. Ces substances, surnommées « forever chemicals », sont au cœur des préoccupations réglementaires et environnementales. Découvrez pourquoi elles sont si controversées, leur impact sur les cosmétiques et les solutions pour anticiper les évolutions et futures restrictions
Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) constituent une vaste famille de composés chimiques fluorés, estimée à plus de 4 000 substances selon l’OCDE, et pouvant atteindre 15 000 d’après certaines sources scientifiques. Ces molécules se composent d’une chaîne carbonée aliphatique portant au moins un groupement fluoré (CF₂ ou CF₃), auquel peuvent s’ajouter divers groupes fonctionnels. Cette variabilité structurelle leur confère des propriétés physiques, chimiques et toxicologiques distinctes. La force de la liaison carbone-fluor confère à ces substances une stabilité exceptionnelle et une grande résistance à la dégradation chimique.
En raison de leur persistance dans l’environnement et dans le corps humain, ces substances ont été surnommées “polluants éternels” ou forever chemicals. Exclusivement d’origine anthropique, les PFAS sont utilisés massivement depuis les années 1950 dans de nombreux secteurs : emballages alimentaires, textiles imperméables, mousses anti-incendie, peintures… et également, dans les cosmétiques.
Les PFAS ont longtemps été ajoutés intentionnellement dans les produits cosmétiques pour leurs propriétés uniques :
Ils remplissent des fonctions clés telles qu’émulsifiant, agent antistatique, stabilisant, agent filmogène. On les retrouve notamment dans les fonds de teint, poudres, mascaras waterproof, rouges à lèvres et soins hydratants.
Selon une étude de l’OCDE en 2021, 36 PFAS polymères et non polymères sont identifiés dans les cosmétiques, dont le PTFE (Téflon®), utilisé pour ses propriétés hydrophobes, ou encore le Perfluorodecalin et le Perfluorooctyl triethoxysilane.
Au-delà des ajouts intentionnels, les PFAS peuvent contaminer les cosmétiques de manière non intentionnelle :
Les effets avérés des PFAS sur la santé :
En 2023, le CIRC (IARC) a classé le PFOA comme cancérogène pour l’humain (Groupe 1) et le PFOS comme potentiellement cancérogène (Groupe 2B).
La Convention de Stockholm (en vigueur en 2004) a initié la restriction progressive de certains PFAS : PFOS (2009), PFOA (2020), PFHxS (2022). Cette convention est transposée en Europe via le règlement POP (Polluants Organiques Persistants).
Une proposition de restriction universelle REACH a été déposée en 2023. Elle couvre l’ensemble de la famille des PFAS et tous les secteurs, sans exemption spécifique pour les cosmétiques. Les seuils actuellement envisagés sont les suivants :
La proposition est en cours d'évaluation par l'ECHA. Les avis scientifiques sont attendus fin 2026, pour une application estimée à l'horizon 2029.
La loi n° 2025-188 du 27 février 2025 prévoit l'interdiction, à compter du 1er janvier 2026, de fabriquer, importer, exporter ou mettre sur le marché des produits cosmétiques contenant des PFAS, sans distinction entre présence intentionnelle ou non. Le champ d'application couvre l'ensemble des PFAS répondant à la définition retenue dans le projet de restriction REACH.
Le décret n° 2025-1376 du 28 décembre 2025 (JORF n° 0301 du 29 décembre 2025) précise les modalités d'application de cette interdiction. Il fixe notamment :
Ce décret fait suite à la procédure de notification européenne, achevée sans avis circonstancié de la Commission, et marque l'entrée en vigueur opérationnelle du dispositif français. Par ailleurs, le cadre national est complété par des mesures de réduction des rejets industriels de PFAS, avec un objectif de diminution progressive des rejets aqueux et une trajectoire visant l'élimination des émissions à l'horizon 2030.
La transition vers des produits cosmétiques sans PFAS nécessite une approche globale, depuis la sélection des matières premières jusqu’au contrôle du produit fini. Lors du Congrès Parfums & Cosmétiques, Anaïs Jankowiak a rappelé les étapes clés du process de fabrication particulièrement sensibles à l’introduction de composés fluorés. Cette démarche est essentielle pour garantir la conformité réglementaire, réduire les risques de contamination et accompagner l’industrie vers le zéro PFAS.

SGS propose une expertise complète pour anticiper les évolutions réglementaires et garantir la conformité :
Les PFAS représentent un enjeu majeur pour l’industrie cosmétique, tant sur le plan sanitaire que réglementaire. Anticiper leur interdiction et mettre en place des solutions alternatives est essentiel pour rester compétitif et responsable.
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